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Pensée intentionnelle ou émergente ?

Publié par Vers Plus D'idées sur 26 Juillet 2008, 11:43am

Catégories : #Mieux vivre

Une question se pose à propos de l’origine précise de nos pensées. Répondent-elles à une intention délibérée, à une volonté, de notre part ? Ou s’imposent-elles à nous, comme des sortes d’intuitions en quelque sorte ?

Pour connaître la réponse, prenons un exemple. Vous ou moi, peu importe, avons l’habitude, quand nous rentrons chez nous, de tirer notre clé de notre poche et de l’introduire dans la serrure de la porte d’entrée. D’ordinaire, clic-clac, la porte s’ouvre et nous voilà chez nous. Rien de plus simple ! C’est d’ailleurs devenu tellement automatique, que nous n’y pensons même pas. Ce qui nous permet de ne penser à rien ou de penser à tout autre chose.
Mais voilà qu’un soir ou un matin, au choix, nous avons beau essayer de tourner la clé dans la serrure, la porte refuse obstinément de s’ouvrir. Observons bien maintenant la manière dont nous allons réagir et penser.
Remarquons en premier lieu que c’est le problème environnemental « Tiens, la porte ne s’ouvre pas ! » qui va provoquer, induire, nos pensées et notre comportement. Lesquels vont donc s’imposer à nous « à l’insu de notre plein gré ».
Mais en aucun cas nous ne déciderons de nous dire : « Tiens, tiens, la porte ne s’ouvre pas. Réfléchissons un peu, que faut-il en penser et comment réagir ? » Tout se fait de manière spontanée et automatique, sans que nous ayons besoin de nous obliger intentionnellement à y penser, justement.
C’est donc spontanément que nous allons nous mettre en recherche d’explications et de solutions. « Ne me suis-je pas trompé de clé, de porte, d’étage ? La serrure serait-elle endommagée ? L’aurait-on changée en mon absence ? Et si je sonnais ? Je vais être obligé de faire venir un serrurier. Et ainsi de suite, car les options possibles sont plus que nombreuses.
Ici, une autre remarque est nécessaire. Nos pensées vont dépendre de plusieurs facteurs. Notre désir, bien compréhensible, de rentrer chez nous après une longue journée de labeur (la motivation). Notre humeur, sereine ou exaspérée : bof ! ou Le sort s’acharne sur moi ! (la nature de nos pensées et de notre réaction). Notre caractère : Ce n’est pas grave, je vais bien trouver une solution ou Je vais défoncer cette fichue porte (la nature de nos pensées et de notre réaction). Notre émotivité, panique ou blocage par exemple (les obstacles à la pensée et à l’action). Et surtout, surtout, la quantité et la nature des solutions mises en mémoire, après expériences diverses, dans notre « base de données » (notre stock d’informations mémorisées). Enfin, notre « créativité », question sur laquelle je reviendrai dans un prochain article.
Chacun de ces facteurs va provoquer, induire, nos pensées et notre comportement. Lesquels seront les résultantes de l’ensemble de ces influences additionnées.
Une dernière précision. L’exemple de la clé qui n’ouvre pas la porte s’applique à tous les problèmes possibles que nous aurions éventuellement à résoudre, et donc à toutes les raisons que nous pourrions avoir de penser et de réagir. Par ailleurs, cet exemple éclaire le fonctionnement de notre intelligence, soit dit en passant.
Conclusion. Contrairement à ce que nous croyons communément, notre pensée est « émergente », spontanée. Et non intentionnelle et délibérée.

Dr.Yves Moigno

www.touspourleducation.com

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