Consulter un(e) médecin
Lorsque des symptômes de dépression persistent, il est important de consulter un(e) médecin qui vérifiera, au besoin, si ces symptômes peuvent avoir une cause médicale (par exemples, carence en vitamine B12, hyper- et hypothyroïdie, infections virales, etc.).
Le médecin pourra aussi discuter avec vous de la pertinence de prendre un antidépresseur. Les symptômes de la dépression sont souvent si incapacitants que la personne n'est pas en état de mettre en pratique divers moyens de se sortir de cette dépression. Un antidépresseur s'avère alors très utile et parfois absolument nécessaire pour diminuer la sévérité des symptômes. Contrairement à un anxiolytique, un antidépresseur ne crée pratiquement pas de dépendance.
En général, il ne faut cependant pas compter uniquement sur l'antidépresseur pour soigner une dépression car si on ne fait pas de changements dans son mode de vie ou ses modes de fonctionnement, il y a un assez grand risque de récidive (voir la section Évolution). L'un des inconvénients de cette médication est qu'elle nuit parfois à l'adaptation en permettant de continuer à endurer des situations malsaines avec moins de malaises.
Cheminer par soi-même
D'abord rappelons que si la dépression est trop sévère, vous ne serez pas en mesure de mettre ces suggestions en application tant que vos symptômes ne seront pas un peu soulagés. Vous devez consulter un médecin. D'autre part, si vous avez des idées suicidaires, vous devez absolument en parler. Il peut être bon d'en parler à des proches ou à des amis. Il peut être essentiel aussi de faire appel à de l'aide professionnelle. Un peu partout au Québec, il y a des lignes d'écoute pour les gens qui pensent au suicide (voyez les numéros de téléphone pour les différentes régions dans la rubrique Ressources communautaires). Nous vous conseillons grandement d'en parler à un médecin ou un psychologue.
Voici quelques pistes de démarche pour surmonter une dépression:
· A l'aide des informations de la section "Processus cognitifs entretenant la dépression", observer les situations et les pensées qui déclenchent les émotions dépressives.
- ex. de situations: tâche trop lourde, relations insatisfaisantes, difficultés financières, perte d'emploi, etc.;
- ex. de pensées: je n'ai pas le choix, ce n'est pas juste que je n'aie pas d'aide, je n'y peux rien, je ne peux lui parler car il se fâcherait, je ne vaux rien;
- ex. de croyances: le travail passe avant tout, il faut éviter les conflits.
· Se questionner et tester nos interprétations afin d'adopter des pensées qui permettent d'agir différemment et améliorent la possibilité de combler les besoins, de résoudre les problèmes et de s'adapter aux situations incontrôlables, par exemples:
- Est-ce vrai que je n'ai pas le choix ? Sur quoi je me base pour penser cela ?
- Quels sont les avantages et les inconvénients de considérer que je n'ai pas le choix ?
- Quels seraient les avantages et les inconvénients d'affirmer mes besoins ?
· S'efforcer de sortir de l'apathie en planifiant graduellement des activités qui peuvent faire vivre des expériences de plaisir et de maîtrise (ce qui aide aussi à combattre certaines idées négatives).
· Entreprendre de résoudre certains problèmes et de développer des habiletés nécessaires, par exemples:
- prendre les moyens de surmonter un problème de crises de panique et d'agoraphobie;
- lire un livre sur les habiletés de communication pour mieux s'affirmer au travail (ex. "La communication efficace" de Linda Adams);
- prendre des moyens concrets pour mieux équilibrer vie personnelle et travail
- mettre un terme à une relation;
- entreprendre des premières démarches pour sortir du chômage, etc..
· Faire des lectures (voir la section Références) pour s'aider à y voir plus clair, par exemples:
- "Les quatre clés de l'équilibre personnel" de Jacques Lafleur et Robert Béliveau.
- "Être bien dans sa peau" de David Burns.
- "Je réinvente ma vie" de J.A. Joung et J.S. Klosko (porte sur les schémas).
Consulter un(e) psychologue
Si vous n'arrivez pas à identifier les facteurs qui contribuent à votre dépression, si vous ne voyez pas de solutions, si vous êtes particulièrement en détresse (par exemple, idées suicidaires) un(e) psychologue peut vous aider à y voir plus clair. Étant donné les taux très élevés de récidive (par exemple, 50% des gens rétablis redeviendraient dépressifs dans la même année), nous croyons qu'il ne suffit pas de se fixer comme objectif de surmonter un épisode dépressif mais qu'il faut vraiment viser à apprendre à mieux vivre. En général, la prévention a bien meilleur goût.
Source : site http://www.psychomedia.qc.ca