Que ce soit chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte, le manque d’autonomie et de responsabilité est toujours dû à une erreur d’éducation. Une erreur malheureusement trop fréquente. L’éducation est ou a été trop interventionniste : directive, surprotectrice ou, au contraire, n’a pas donné suffisamment de repères, par peur de traumatiser l’enfant par exemple. En un mot, les adultes ont trop fait et trop décidé pour l’enfant, ce qu’ils continuent souvent à faire d’ailleurs.Ces erreurs d’éducation ont empêché l’enfant ou l’adolescent d’acquérir l’autonomie et le sens des responsabilités dont il a besoin pour affronter les réalités de la vie quotidienne. Il ne va pas les acquérir par enchantement, parce qu’il le faut ou parce qu’il a atteint un âge où il devrait les avoir. Il va devoir les apprendre. Ce qui nécessitera une compréhension de la situation, du temps et de la patience chez ses parents.En attendant, l’enfant ou l’adolescent laissera ses parents décider et agir à sa place, puisque c’est l’habitude qu’ils lui ont malheureusement donnée. Il serait incohérent de le punir ou de le lui reprocher de ne pas le faire par lui-même. Son éducation est à compléter, si ce n’est à refaire.
Une réalité à ne jamais oublier : l’enfant ou l’adolescent n’est jamais indiscipliné par lui-même, par mauvais esprit, mauvais caractère ou pour contrecarrer ses parents ou les règles sociales. On l’a rendu indiscipliné en commettant une erreur d’éducation.Soit en adoptant à son égard une attitude de laisser-faire qui lui a laissé un comportement dépourvu de repères, dont il est d’ailleurs la première victime en dépit des apparences. Soit en lui imposant un « moule » directif qu’il ressent comme une contrainte dont il tente de s’affranchir par son comportement indiscipliné.Autre réalité à ne jamais oublier, ses parents et les autres adultes chargés de son éducation entretiennent sans le savoir son indiscipline en voulant la corriger ou la sanctionner. Une indiscipline qui est donc un cercle vicieux, qui ne peut être rompu que si les adultes prennent conscience de leur erreur involontaire et changent d’attitude. D’autant que deux formes d’indiscipline sont à distinguer. Celle où l’enfant ou l’adolescent ne fait pas ce que ces parents veulent ou jugent son comportement anormal, mais qui n’est pas reconnue comme indiscipline par les autres adultes. Et celle jugée telle par les autres adultes. Ces deux formes ont des solutions différentes.